Laetitia de Gaulle, le potentiel surréel
Riche et référencé, son art tout entier se concentre sur l’image.
« C'est toujours une image, comme une rencontre, qui crée le début de l'histoire. »
Sa matière première est la couleur.
« J'aime le côté sensuel de la couleur et la profusion d'images qui enlève toute limite à mon inspiration. »
Elle dessine ou peint, teinte elle-même ses couleurs, parfois ses papiers.
La couleur devient matière vivante, sculpturale, prend forme dans ses doigts et sur la toile.
Les émotions sont cueillies dans l’instant, l’humeur est « brute », sans fard, juste là.
Elle travaille sur l’humain, la nature, la représentation d’un monde intérieur.
« C’est un monde où tout est permis, sans convention. Une image, peut signifier autre chose que ce qu'elle montre. Chacun peut alors entrer dans la toile et créer son propre univers. Il n'y a alors plus de contrainte à être ce qu'il faut. Il suffit juste d'être ce qu'on est. »
Du surgissement de l’image à la dissolution de son interprétation, la réalité construite est remise en cause et devient presque virtuelle. Liée à l’expérience hallucinatoire, la composition permet tous les troubles optiques, toutes les astuces d’échelle.
Cette désorientation sensorielle provoque un sentiment heureux, une invitation enchantée à apprivoiser l’évanescence. La palette est particulièrement rayonnante et la couleur essentielle.
« Elle est la lumière, la formidable diversité de ce qui nous entoure, la joie, elle est surtout la vie. Quelle que soit l'humeur, l'épreuve, la période, la couleur donne à nos pensées ce souffle vivant et joyeux. » Au-delà de la surface plane, Laetitia de Gaulle peint de drôles d’animaux au regard clair. Les petites bêtes loufoques sont moulées en résine puis peintes et ornées, entre autres de paillettes, avant d’être vernies selon les techniques de carrosserie, ceci afin de résister à l'extérieur. Le bestiaire est un véritable cabinet de curiosités que l’on caresse du regard avec un certain amusement. Comme ses toiles, ses statues fantasques cultivent un potentiel de fable et l’art de faire sourire.
« L'humour et une certaine dérision font partis de ma personnalité (…) Je suis heureuse, joyeuse, et je le partage. »
Le sens comique renforce l’idée de plaisir, associant à son œuvre les qualités de la création à une certaine forme burlesque empreinte de poésie.